Mot clé : le patrimoine (Heritage)
Ornement n'est pas crime
Jean Loup Pivin
Les mots de la raison sont insuffisants pour traduire pleinement une intuition de pensée.
Toute ville est devenue internationale, toute production qu'elle soit artistique, architecturale, littéraire, industrielle et économique s'inscrit immédiatement dans le monde, même si les images de ces objets et de ces architectures ne franchissent pas toutes, les frontières de leur ville ou de leur pays. Pourtant il y a toujours le lieu, le terreau culturel et patrimonial de la production et de leurs inspirateurs qui transforment un message en un autre et peuvent créer le malentendu. Ce grand malentendu d'un monde qui se transforme et se crée donnant à voir à chacun, ce que chacun selon sa culture et sa formation peut interpréter à son sens. Parmi ces malentendus, l'un de ceux qui pourrait sembler des plus dérisoires, concerne l'ornement.
"La mémoire en marche" entretien avec Alpha Oumar Konaré
Jean Loup Pivin
Entretien réalisé par Jean Loup Pivin en Juin 1991,
Alpha O.Konaré, ancien ministre de la Culture du Mali, alors président de l'ICCROM-UNESCO
Jean Loup Pivin - L'Afrique aujourd'hui est à un tournant de son histoire. Elle rompt le plus souvent dans la douleur et le désordre avec les dictatures et les oligarchies. Mais le problème du futur reste entier : quelle Afrique, quelles Afriques pour quel avenir avec quelle identité à l'heure de la mondialisation de la culture ? Quelle sera la place de la création artistique dans tout ce remue-ménage ?
Alpha Oumar Konaré - Cet historien, président de l'ICOM, ancien Ministre de la Culture qui a su, de 1978 à 1980, donner une réelle liberté d'expression à son pays, le Mali, est ensuite entré dans une opposition au régime en créant une coopérative culturelle avec l'édition de journaux dont Jamana et les Echos ont joué un rôle déterminant dans la chute du Président Moussa Traoré. Aujourd'hui, il est leader d'un parti, l'Adema, qui rallie l'essentiel des forces vives du pays.
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La génèse du Musée du Quai Branly
Jean Loup Pivin
Fin 1998, Stéphane Martin, président et Germain Viatte, conservateur en chef et concepteur du programme des expositions permanentes et temporaires du futur musée qui s’appellera le musée du quai Branly et non le musée des arts premiers comme l’aurait voulu Jacques Kerchache, m’intègrent en tant qu’acteur de Revue Noire, dans le groupe de réflexion Afrique pour l’élaboration du futur musée.
Avec bonheur je me plonge en février 1999 dans une vision entière, parfois brutale de différents points qui donnent, à mes yeux, les contours au rôle d’un musée de ce type, aussi ambigu soit-il.
J’aborde tour à tour la fin du musée universel, le rôle des disciplines des sciences humaines, j’"invente" une politique d’acquisition « morale », je m’amuse du non-rôle historique du musée dans la connaissance de l’Autre, et je privilégie la présence des expressions contemporaines et non de l’art contemporain, ….
Peu importe ce qu’il en a été retenu, l’ensemble des points énoncés me semble toujours aussi frais. Et pas une virgule n'en est retirée, le texte est donc entier.
