Mot clé : Jean Loup Pivin
Des chants de plastique aux chairs à vif
Jean Loup Pivin
Ornement n'est pas crime
Jean Loup Pivin
Les mots de la raison sont insuffisants pour traduire pleinement une intuition de pensée.
Toute ville est devenue internationale, toute production qu'elle soit artistique, architecturale, littéraire, industrielle et économique s'inscrit immédiatement dans le monde, même si les images de ces objets et de ces architectures ne franchissent pas toutes, les frontières de leur ville ou de leur pays. Pourtant il y a toujours le lieu, le terreau culturel et patrimonial de la production et de leurs inspirateurs qui transforment un message en un autre et peuvent créer le malentendu. Ce grand malentendu d'un monde qui se transforme et se crée donnant à voir à chacun, ce que chacun selon sa culture et sa formation peut interpréter à son sens. Parmi ces malentendus, l'un de ceux qui pourrait sembler des plus dérisoires, concerne l'ornement.
Pour tout l'art du monde
Jean Loup Pivin
Crise de foi
Revue Noire était invitée à des colloques à New York, Düsseldorf et Lomé pour parler et entendre parler de la création contemporaine africaine et de l'avenir des musées africains.Chaque fois nous sommes ressortis à la fois satisfaits et insatisfaits. Satisfaits car nous avons pu connaître ou revoir un certain nombre de personnes. Insatisfaits car il ne se dit chaque fois pas grand chose de nouveau malgré l'énorme dépense d'énergie, de temps et de moyens financiers. D'où un réel questionnement sur la forme que ces colloques doivent revêtir, car nous sommes tous conscients que la "rencontre" reste indispensable.Fondamentalement, le temps du colloque c'est le temps du faux-semblant et de la non-action. C'est le temps d'attendre un demain nourri des bonnes résolutions prises aujourd'hui.
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"La mémoire en marche" entretien avec Alpha Oumar Konaré
Jean Loup Pivin
Entretien réalisé par Jean Loup Pivin en Juin 1991,
Alpha O.Konaré, ancien ministre de la Culture du Mali, alors président de l'ICCROM-UNESCO
Jean Loup Pivin - L'Afrique aujourd'hui est à un tournant de son histoire. Elle rompt le plus souvent dans la douleur et le désordre avec les dictatures et les oligarchies. Mais le problème du futur reste entier : quelle Afrique, quelles Afriques pour quel avenir avec quelle identité à l'heure de la mondialisation de la culture ? Quelle sera la place de la création artistique dans tout ce remue-ménage ?
Alpha Oumar Konaré - Cet historien, président de l'ICOM, ancien Ministre de la Culture qui a su, de 1978 à 1980, donner une réelle liberté d'expression à son pays, le Mali, est ensuite entré dans une opposition au régime en créant une coopérative culturelle avec l'édition de journaux dont Jamana et les Echos ont joué un rôle déterminant dans la chute du Président Moussa Traoré. Aujourd'hui, il est leader d'un parti, l'Adema, qui rallie l'essentiel des forces vives du pays.
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Ethnicolor, première exposition d'art contemporain africain
Jean Loup Pivin
Ma connaissance et ami Bruno Tilliette alors rédacteur en chef de la revue Autrement et tout à l’élaboration d’un numéro hors série lié à une manifestation « Africolor » permet la rencontre de Simon Njami. Il avait 25 ans, son premier succès de roman en poche (pas en livre de poche), « Ed Cercueil et compagnie » (parodie de Chester Himes), buvant du thé comme moi, la réussite au bord des lèvres, intelligent et tellement orgueilleux et méprisant qu’il m’en était sympathique.
Lire la suite...À l'origine, "Dans la Ville Noire"
Jean Loup Pivin
« Dans la ville noire » est un projet d’exposition monté pour le Bicentenaire de la Révolution en 1989, montrant la modernité de l’Afrique, sous une forme géante et échevelée, avec pour catalogue le n° 1 du magazine Revue Noire. "Dans la ville noire" ne fera pas. Mais le premier numéro du magazine Revue Noire sortira en mai 1991.
Une histoire à raconter...
Jean Loup Pivin, octobre 2009
Question de société
Jean Loup Pivin
Tenter de dire avec le maximum de termes facilement partageables par tous ne fait pas appartenir à ces nouvelles sociétés, castes, cultures aux termes tant codés qu’il est impossible d’en connaître de tous le sens. Pour autant, il n’est à point douter que ces castes qui ont toutes une vision du monde, apportent, quand on les comprend, peut-être pas de la connaissance mais de la compréhension à la société moderne occidentale. Et même parfois le langage s’y mêlant, cela peut devenir brillant voire même touchant. Car depuis la mort de Dieu en Occident, les sociétés laïques qui ont plus ou moins imposé leur modèle de relation à l’autre dans le monde entier (des Droits de l’Homme aux règles du commerce), s’empêtrent dans une vision, dans une projection de leurs propres valeurs dans le futur.
Lire la suite...De l'impossible commentaire
Jean Loup Pivin
Parce que l’écrit se voulait essentiellement littéraire - une forme -, peu ont compris la contestation que recelait la forme elle-même de Revue Noire. Comme si ceux qui « lisaient » Revue Noire, ne savaient pas lire le simple fait que les formes sans commentaires disaient en elles-même la contestation du commentaire : on comprend aujourd’hui mieux les choix de nombreux commissaires qui ont besoin d’artistes bavards pour comprendre leurs œuvres. D’où avec le temps, le renforcement de notre doute sur la capacité critique de l’histoire de l’art à regarder les expressions contemporaines d’autres mondes. Ce n’est pas parce que l’histoire occidentale de l’art occidental était écartée qu’elle était reniée par ailleurs, sachant sans ambiguïté que nos propres regards étaient ceux nourris par cette histoire.
Lire la suite...Le capharnaüm des mots
Jean Loup Pivin
Néophytes, nous mettons du temps à trouver les bons mots dans ce capharnaüm de vocabulaire pseudo de l’époque. Nous comprenons avec le temps qu’il faut changer notre terminologie, et nous aurons du mal à passer d’un "magazine d’art contemporain africain", en doutant sur la place du mot africain et en l’accolant parfois à magazine et parfois à art, à « magazine des expressions contemporaines »
Lire la suite...De l'art primitif à l'art rituel
Jean Loup Pivin
Dans les problèmes de vocabulaire (et non pas de sémiologie) auxquels nous nous confrontons, et parmi eux les plus simples, nous avons du mal avec cette termes « d’art primitif » puis « d’art premier » qui n’ont rien de premier (l’art de la préhistoire oui) ou de primitif (sans commentaire !). Nous tentons de proposer « arts rituels » africains pour l’Afrique. Un article de Michel Cressole de Libération titre « la fin de l’art primitif, vive l’art rituel » reprenant l’article de Revue Noire n°7, 1992.
Lire la suite...La génèse du Musée du Quai Branly
Jean Loup Pivin
Fin 1998, Stéphane Martin, président et Germain Viatte, conservateur en chef et concepteur du programme des expositions permanentes et temporaires du futur musée qui s’appellera le musée du quai Branly et non le musée des arts premiers comme l’aurait voulu Jacques Kerchache, m’intègrent en tant qu’acteur de Revue Noire, dans le groupe de réflexion Afrique pour l’élaboration du futur musée.
Avec bonheur je me plonge en février 1999 dans une vision entière, parfois brutale de différents points qui donnent, à mes yeux, les contours au rôle d’un musée de ce type, aussi ambigu soit-il.
J’aborde tour à tour la fin du musée universel, le rôle des disciplines des sciences humaines, j’"invente" une politique d’acquisition « morale », je m’amuse du non-rôle historique du musée dans la connaissance de l’Autre, et je privilégie la présence des expressions contemporaines et non de l’art contemporain, ….
Peu importe ce qu’il en a été retenu, l’ensemble des points énoncés me semble toujours aussi frais. Et pas une virgule n'en est retirée, le texte est donc entier.
