Mot clé : la critique (Criticism)

Regards anthropométriques

Simon Njami


L'approche sur l'art contemporain africain est du même ordre que le regard anthropométrique des premiers explorateurs du continent. Il s'agit encore d'établir une sorte de typologie des genres et des races.

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Pour tout l'art du monde

Jean Loup Pivin

Crise de foi

Revue Noire était invitée à des colloques à New York, Düsseldorf et Lomé pour parler et entendre parler de la création contemporaine africaine et de l'avenir des musées africains.
Chaque fois nous sommes ressortis à la fois satisfaits et insatisfaits. Satisfaits car nous avons pu connaître ou revoir un certain nombre de personnes. Insatisfaits car il ne se dit chaque fois pas grand chose de nouveau malgré l'énorme dépense d'énergie, de temps et de moyens financiers. D'où un réel questionnement sur la forme que ces colloques doivent revêtir, car nous sommes tous conscients que la "rencontre" reste indispensable.Fondamentalement, le temps du colloque c'est le temps du faux-semblant et de la non-action. C'est le temps d'attendre un demain nourri des bonnes résolutions prises aujourd'hui.

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"L'image va où le vent" entretien avec Djibril Diop Mambety

Simon Njami

Djibril Diop Mambety, cinéaste, sénégalais, est interviewé par Simon Njami

Simon Najmi - Interroger le cinéma pour parler de la photographie était une folie. Plus grande folie encore était d'interroger Djibril Diop Mambety, le cinéaste qui montre une autre Afrique en inventant un autre rythme, une autre image, un autre propos que ceux attendus, le cinéaste que ses admirateurs désespéraient voir tourner à nouveau : presque vingt ans ont passé entre ses deux films cultes - Touki Bouki et Badou Boy - et son dernier film - Hyènes adapté de La visite de la vieille dame de F. Dürrenmatt - dont il finit le montage. Nous n'avons pas été déçus ; nous cherchions ce que nous voulions trouver : laisser la parole autour de la nature de la photo et ne pas chercher à la pénétrer. Laisser la parole se promener au gré du vent, puisque seul le vent...

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De l'impossible commentaire

Jean Loup Pivin

Parce que l’écrit se voulait essentiellement littéraire - une forme -,  peu ont compris la contestation que recelait la forme elle-même de Revue Noire. Comme si ceux qui « lisaient » Revue Noire, ne savaient pas lire le simple fait que les formes sans commentaires disaient en elles-même la contestation du commentaire : on comprend aujourd’hui mieux les choix de nombreux commissaires qui ont besoin d’artistes bavards pour comprendre leurs œuvres. D’où avec le temps, le renforcement de notre doute sur la capacité critique de l’histoire de l’art à regarder les expressions contemporaines d’autres mondes. Ce n’est pas parce que l’histoire occidentale de l’art occidental était écartée qu’elle était reniée par ailleurs, sachant sans ambiguïté que nos propres regards étaient ceux nourris par cette histoire.

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Le capharnaüm des mots

Jean Loup Pivin

Néophytes, nous mettons du temps à trouver les bons mots dans ce capharnaüm de vocabulaire pseudo de l’époque. Nous comprenons avec le temps qu’il faut changer notre terminologie, et nous aurons du mal à passer d’un "magazine d’art contemporain africain", en doutant sur la place du mot africain et en l’accolant parfois à magazine et parfois à art, à « magazine des expressions contemporaines »

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