Mot clé : l'art rituel (Ritual Art)

De l'impossible commentaire

Jean Loup Pivin

Parce que l’écrit se voulait essentiellement littéraire - une forme -,  peu ont compris la contestation que recelait la forme elle-même de Revue Noire. Comme si ceux qui « lisaient » Revue Noire, ne savaient pas lire le simple fait que les formes sans commentaires disaient en elles-même la contestation du commentaire : on comprend aujourd’hui mieux les choix de nombreux commissaires qui ont besoin d’artistes bavards pour comprendre leurs œuvres. D’où avec le temps, le renforcement de notre doute sur la capacité critique de l’histoire de l’art à regarder les expressions contemporaines d’autres mondes. Ce n’est pas parce que l’histoire occidentale de l’art occidental était écartée qu’elle était reniée par ailleurs, sachant sans ambiguïté que nos propres regards étaient ceux nourris par cette histoire.

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De l'art primitif à l'art rituel

Jean Loup Pivin

Dans les problèmes de vocabulaire (et non pas de sémiologie) auxquels nous nous confrontons, et parmi eux les plus simples, nous avons du mal avec cette termes « d’art primitif » puis « d’art premier » qui n’ont rien de premier (l’art de la préhistoire oui) ou de primitif (sans commentaire !). Nous tentons de proposer « arts rituels » africains pour l’Afrique. Un article de Michel Cressole de Libération titre « la fin de l’art primitif, vive l’art rituel » reprenant l’article de Revue Noire n°7, 1992.

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La génèse du Musée du Quai Branly

Jean Loup Pivin

 Fin 1998, Stéphane Martin, président et Germain Viatte, conservateur en chef et concepteur du programme des expositions permanentes et temporaires du futur musée qui s’appellera le musée du quai Branly et non le musée des arts premiers comme l’aurait voulu Jacques Kerchache, m’intègrent en tant qu’acteur de Revue Noire, dans le groupe de réflexion Afrique pour l’élaboration du futur musée.

Avec bonheur je me plonge en février 1999 dans une vision entière, parfois brutale de différents points qui donnent, à mes yeux, les contours au rôle d’un musée de ce type, aussi ambigu soit-il.

J’aborde tour à tour la fin du musée universel, le rôle des disciplines des sciences humaines, j’"invente" une politique d’acquisition « morale », je m’amuse du non-rôle historique du musée dans la connaissance de l’Autre, et je privilégie la présence des expressions contemporaines et non de l’art contemporain, ….

Peu importe ce qu’il en a été retenu, l’ensemble des points énoncés me semble toujours aussi frais. Et pas une virgule n'en est retirée, le texte est donc entier.


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