Mot clé : l'écrit et les formes (Writings and Forms)
Gary Cooper et le romancier russe
Simon Njami
Les lumières s'éteignent doucement. L'écran s'illumine. Quelques bruits de gorge, quelques sièges qui craquent, et le spectacle commence. Panoramique : un paysage dans le lointain. Un désert. La silhouette floue d'un cavalier s'avance. Plan-séquence : le cavalier s'avance vers nous jusqu'à ce que nous ayons pu distinguer ses traits, puis il s'arrête. Il retire son chapeau et s'essuie le visage avec un mouchoir à la propreté douteuse. Il remet son chapeau et s'avance de nouveau à notre rencontre en fixant un point qu'il nous est impossible de voir. Contre-champ : un petit village dont on distingue le clocher...
Lire la suite...Une poétique de la schizophrénie
Jean-Claude Fignolé
Une poétique de la SchizophrénieLe temps irréel ! Avancée de mots aux sonorités affligées qui élisent déjà la tristesse de l'histoire. Le temps figé ! Une mascarade de noms scandant l'imposition et sacralisant le pervers sinon l'odieux regard de l'autre. Le temps meurtri ! La marche lente de soi vers soi, dans l'écartèlement et dans l'ivresse (l'épouvante apprivoisée) lorsque la terre gronde, tremble, craque et que dessus sa béance, telle innomée blessure, des vents jubilatoires assaillent le sommeil nu des mornes. Alors le cri : Caraïbe !
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À l'origine, "Dans la Ville Noire"
Jean Loup Pivin
« Dans la ville noire » est un projet d’exposition monté pour le Bicentenaire de la Révolution en 1989, montrant la modernité de l’Afrique, sous une forme géante et échevelée, avec pour catalogue le n° 1 du magazine Revue Noire. "Dans la ville noire" ne fera pas. Mais le premier numéro du magazine Revue Noire sortira en mai 1991.
Une histoire à raconter...
Jean Loup Pivin, octobre 2009
Question de société
Jean Loup Pivin
Tenter de dire avec le maximum de termes facilement partageables par tous ne fait pas appartenir à ces nouvelles sociétés, castes, cultures aux termes tant codés qu’il est impossible d’en connaître de tous le sens. Pour autant, il n’est à point douter que ces castes qui ont toutes une vision du monde, apportent, quand on les comprend, peut-être pas de la connaissance mais de la compréhension à la société moderne occidentale. Et même parfois le langage s’y mêlant, cela peut devenir brillant voire même touchant. Car depuis la mort de Dieu en Occident, les sociétés laïques qui ont plus ou moins imposé leur modèle de relation à l’autre dans le monde entier (des Droits de l’Homme aux règles du commerce), s’empêtrent dans une vision, dans une projection de leurs propres valeurs dans le futur.
Lire la suite...De l'impossible commentaire
Jean Loup Pivin
Parce que l’écrit se voulait essentiellement littéraire - une forme -, peu ont compris la contestation que recelait la forme elle-même de Revue Noire. Comme si ceux qui « lisaient » Revue Noire, ne savaient pas lire le simple fait que les formes sans commentaires disaient en elles-même la contestation du commentaire : on comprend aujourd’hui mieux les choix de nombreux commissaires qui ont besoin d’artistes bavards pour comprendre leurs œuvres. D’où avec le temps, le renforcement de notre doute sur la capacité critique de l’histoire de l’art à regarder les expressions contemporaines d’autres mondes. Ce n’est pas parce que l’histoire occidentale de l’art occidental était écartée qu’elle était reniée par ailleurs, sachant sans ambiguïté que nos propres regards étaient ceux nourris par cette histoire.
Lire la suite...Le capharnaüm des mots
Jean Loup Pivin
Néophytes, nous mettons du temps à trouver les bons mots dans ce capharnaüm de vocabulaire pseudo de l’époque. Nous comprenons avec le temps qu’il faut changer notre terminologie, et nous aurons du mal à passer d’un "magazine d’art contemporain africain", en doutant sur la place du mot africain et en l’accolant parfois à magazine et parfois à art, à « magazine des expressions contemporaines »
Lire la suite...De l'art primitif à l'art rituel
Jean Loup Pivin
Dans les problèmes de vocabulaire (et non pas de sémiologie) auxquels nous nous confrontons, et parmi eux les plus simples, nous avons du mal avec cette termes « d’art primitif » puis « d’art premier » qui n’ont rien de premier (l’art de la préhistoire oui) ou de primitif (sans commentaire !). Nous tentons de proposer « arts rituels » africains pour l’Afrique. Un article de Michel Cressole de Libération titre « la fin de l’art primitif, vive l’art rituel » reprenant l’article de Revue Noire n°7, 1992.
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