Mot clé : Simon Njami
Gary Cooper et le romancier russe
Simon Njami
Les lumières s'éteignent doucement. L'écran s'illumine. Quelques bruits de gorge, quelques sièges qui craquent, et le spectacle commence. Panoramique : un paysage dans le lointain. Un désert. La silhouette floue d'un cavalier s'avance. Plan-séquence : le cavalier s'avance vers nous jusqu'à ce que nous ayons pu distinguer ses traits, puis il s'arrête. Il retire son chapeau et s'essuie le visage avec un mouchoir à la propreté douteuse. Il remet son chapeau et s'avance de nouveau à notre rencontre en fixant un point qu'il nous est impossible de voir. Contre-champ : un petit village dont on distingue le clocher...
Lire la suite...Regards anthropométriques
Simon Njami
L'approche sur l'art contemporain africain est du même ordre que le regard anthropométrique des premiers explorateurs du continent. Il s'agit encore d'établir une sorte de typologie des genres et des races.
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"L'image va où le vent" entretien avec Djibril Diop Mambety
Simon Njami
Djibril Diop Mambety, cinéaste, sénégalais, est interviewé par Simon Njami
Simon Najmi - Interroger le cinéma pour parler de la photographie était une folie. Plus grande folie encore était d'interroger Djibril Diop Mambety, le cinéaste qui montre une autre Afrique en inventant un autre rythme, une autre image, un autre propos que ceux attendus, le cinéaste que ses admirateurs désespéraient voir tourner à nouveau : presque vingt ans ont passé entre ses deux films cultes - Touki Bouki et Badou Boy - et son dernier film - Hyènes adapté de La visite de la vieille dame de F. Dürrenmatt - dont il finit le montage. Nous n'avons pas été déçus ; nous cherchions ce que nous voulions trouver : laisser la parole autour de la nature de la photo et ne pas chercher à la pénétrer. Laisser la parole se promener au gré du vent, puisque seul le vent...
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La première rencontre
Simon Njami
Certaines genèses, dès lors que l’on en connaît le développement, plutôt que d’être précises, comme peuvent l’être des actes fondateurs (mais cela ne fonctionne que dans les mythes qui sont passés par le moule de l’idéologie) deviennent au contraire poreuses, volatiles, fantasques. D’où l’intérêt des les reconstruire à plusieurs mains. Les uns corrigeront les oublis des autres, les autres freineront le romantisme dans lequel, parfois, une aventure humaine avérée peut nous entraîner. Les genèses deviennent des souvenirs, et à ce titre, s’apparentent plus à un roman personnel qu’à l’Histoire. Mais qu’importe. Nous ne donnons pas pour tâche de faire œuvre d’historien, mais plutôt de mémorialiste, et, là où la mémoire ferait défaut, pourquoi pas, de romancier. C’est ainsi que dans mon esprit, se déroule l’histoire de Revue Noire : une salle de rédaction de la rue d’Enghein, dans le dixième arrondissement de Paris, un ami, Bruno Tilliette, qui me parle d’un de ses amis, architecte, rencontré dans je ne sais plus quel cadre à Asilah, au Maroc. C’est une route de terre battue par les vents, une tasse de thé dans le quatorzième arrondissement, plus tard, avec, passant comme une ombre dans la pièce où Jean Loup Pivin et moi achevions de faire connaissance,
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